Combien gagne un notaire par mois ?

Le notaire exerce une profession juridique à part. Officier public, il authentifie les actes, sécurise les transactions et conseille ses clients sur des sujets patrimoniaux majeurs. Cette position centrale explique l’intérêt récurrent pour sa rémunération. Pourtant, le revenu d’un notaire varie fortement selon son mode d’exercice. Entre notaire libéral et notaire salarié, les écarts sont considérables, tant sur le montant brut que sur le revenu réellement disponible.

Le revenu mensuel d’un notaire libéral

Une rémunération fondée sur les émoluments

Le notaire libéral tire l’essentiel de ses revenus des émoluments, c’est-à-dire des sommes perçues pour des actes dont les tarifs sont réglementés. Ces montants sont identiques quel que soit l’office. Ils peuvent être fixes, comme pour certains actes familiaux, ou proportionnels, notamment lors des transactions immobilières.

Pour une vente immobilière, les émoluments sont calculés par tranches dégressives. Plus le prix du bien augmente, plus le taux appliqué diminue. Sur un bien de 200 000 €, la rémunération liée à l’acte atteint près de 2 000 € hors taxes, indépendamment des frais annexes.

Les honoraires libres et la réalité économique

En complément, le notaire perçoit des honoraires pour des prestations dont le tarif n’est pas encadré, comme certaines consultations juridiques, les baux commerciaux ou les ventes de fonds de commerce. Ces honoraires sont librement fixés et constituent un levier important de revenus, notamment dans les études à forte activité économique.

En pratique, le revenu mensuel moyen d’un notaire libéral atteint environ 19 142 € bruts, soit près de 230 000 € bruts par an. Le revenu médian s’établit autour de 16 458 € bruts par mois, ce qui signifie que la moitié des notaires gagne moins et l’autre moitié davantage. Les offices les plus prospères peuvent dépasser 40 000 € bruts mensuels. Vous pouvez consulter le site Formation-emploi-entreprise.fr si vous désirez savoir comment est calculer le salaire brut en net en France.

Charges, impôts et remboursement des études

Ces montants élevés doivent être relativisés. Un notaire libéral supporte environ 60 % de charges et d’impôts sur ses revenus. À cela s’ajoute un élément structurant : l’accès à la profession en libéral implique souvent le rachat d’une étude ou de parts d’étude. Le coût d’acquisition représente en moyenne deux années de bénéfices, soit autour de 500 000 €, parfois bien plus.

Les mensualités de remboursement réduisent fortement le revenu réellement disponible, surtout durant les premières années d’installation.

Le salaire mensuel d’un notaire salarié

Un cadre soumis à une grille conventionnelle

Le notaire salarié exerce au sein d’un office, sans en détenir le capital. Il relève de la convention collective nationale du notariat, qui classe les notaires salariés dans la catégorie des cadres. Leur rémunération minimale dépend d’un système de niveaux et de coefficients.

Depuis la revalorisation du point conventionnel à 14,71 €, les salaires minimaux bruts mensuels sont les suivants :

Niveau

Coefficient

Salaire brut mensuel

C1

220

3 236,20 €

C2

270

3 971,70 €

C3

340

5 001,40 €

C4

380

5 589,80 €

Les critères qui influencent le salaire

Le classement d’un notaire salarié dépend de plusieurs éléments précis :

  • Le contenu des missions confiées
  • Le degré d’autonomie dans la gestion des dossiers
  • L’étendue des pouvoirs accordés
  • La formation suivie
  • L’expérience professionnelle

Un notaire salarié débutant se situe généralement au niveau C1 ou C2. Avec l’expérience, la gestion de dossiers complexes et une autonomie renforcée, la rémunération progresse vers les niveaux supérieurs.

Notaire libéral ou salarié : deux réalités très différentes

Sécurité contre potentiel de revenus

Le notaire salarié bénéficie d’une stabilité de revenu, d’une visibilité mensuelle et d’une charge administrative limitée. En contrepartie, sa rémunération reste plafonnée par la grille conventionnelle.

Le notaire libéral assume davantage de risques, d’investissements et de charges, mais dispose d’un potentiel de revenus nettement supérieur sur le long terme. Ce choix implique une vision entrepreneuriale du métier et une capacité à gérer une structure économique complexe.

Une rémunération à analyser sur le long terme

Comparer les revenus mensuels bruts ne suffit pas. Le revenu réellement disponible, les charges, l’endettement et la phase de carrière jouent un rôle déterminant. Un notaire peut gagner beaucoup sur le papier, tout en disposant d’un reste à vivre proche de celui d’un cadre supérieur pendant plusieurs années.

Le métier reste toutefois l’un des plus rémunérateurs du secteur juridique, à condition d’en maîtriser les contraintes économiques et professionnelles.